Meilleurs livres 2020 : mes romans préférés

Quels sont les meilleurs livres publiés en 2020 ?

Ce n’est pas parce que tout le monde a lu Yoga, qu’il faudrait qu’on le lise aussi ! Ce n’est en tout cas pas une raison suffisante à mon goût. Je le lirai peut-être, un jour. En attendant, je préfère te reparler des livres de 2020 que j’ai préférés, ceux qui m’ont fait quelque chose, et dont on a beaucoup moins entendu parler.

J’ai publié l’année dernière une liste de mes meilleures lectures de 2019 et j’ai eu envie de renouveler l’expérience ! C’est assez intéressant pour moi de faire une sorte de bilan littéraire de l’année et de revenir sur mes lectures. Et apparemment, ça vous a plu d’avoir mon avis sur les publications de l’année dernière : c’est à dire une liste subjective, qui n’engage que moi et n’essaye pas de plaire à tout le monde.

Encore une fois, mes livres préférés de 2020 sont sous le signe de la littérature étrangère et des lectures LGBTQI. Qui l’eût cru ?! Mais cette année, petite nouveauté : j’ai aussi décidé de me concentrer sur les premiers romans de 2020. Je trouve ça important de les mettre en avant, surtout quand ils sont aussi bons que ceux qui sont sortis au moment de la rentrée littéraire 2020 !

Quels sont à mon avis les meilleurs livres de 2020 ?

  • Un jour ce sera vide, Hugo Lindenberg
  • Les Déliés, Sandrine Roudaut
  • Fille, femme, autre, Bernardine Evaristo
  • De parcourir le monde et d’y rôder, Grégory Le Floch
  • De la forêt, Bibhouti Bhoushan Banerji
  • Agrapha, luvan
  • Chienne, Marie-Pier Lafontaine
  • Les orageuses, Marcia Burnier
Meilleurs livres 2020
Mes livres préférés publiés en 2020

Un jour ce sera vide d’Hugo Lindenberg (Christian Bourgois) est l’un de mes chouchous de 2020. Une écriture subtile et lumineuse, une histoire mélancolique et une façon de raconter l’enfance qui m’a énormément touché. Ça sent l’été, la plage, les plats de grand-mères et l’amertume des souvenirs. C’est très beau. Un excellent premier roman !

Les Déliés de Sandrine Roudaut (La Mer Salée) m’a fait un bien fou ! Un roman politique qui donne de l’espoir, qui donne envie de changer le monde. Une utopie qui devient réalité. On suit cinq femmes impliquées dans des événements qui sont peut-être en passe de changer la façon dont on vit, dont on voit les choses et qui plus que jamais, nous font réfléchir à notre futur.

Fille, femme, autre de Bernardine Evaristo (Globe) est, autant d’un point de vue littéraire que politique, le meilleur roman de l’année 2020 pour moi. Quand une autrice parvient à trouver la forme parfaite, le style adéquat pour raconter la vie des femmes racisées de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, ça donne ça. C’est beau, c’est puissant, c’est génialement construit. Bref, c’est un roman qu’on n’oublie pas facilement.

De parcourir le monde et d’y rôder de Grégory Le Floch (Christian Bourgois) est le livre dont je n’attendais pas grand chose et qui m’a très agréablement surpris. Une histoire loufoque, un style entraînant, des personnages absurdes qui forment un roman bien plus profond que l’argument pourrait laisser penser : un homme trouve dans la rue un objet, il va faire le tour du monde pour découvrir de quoi il s’agit.

De la forêt de Bibhouti Bhoushan Banerji (Zulma) est la redécouverte de l’année. Je ne connaissais pas cet auteur indien (La Complainte du sentier) mais heureusement, Zulma a enfin publié en français ce roman écologique écrit à la fin des années 1930. C’est le dépaysement garanti avec cette lecture poétique qui nous emmène dans les forêts du Bihar, dans le Nord-Est de l’Inde.

Agrapha de luvan (La Volte) est la pépite de l’année ! Le livre qui m’a happé, séduit, transformé. Une lecture très étrange, une expérience en fait, qui peut faire peur mais qui est finalement très fluide. Une historienne entreprend de traduire le corpus canonique d’une sainte chrétienne de l’an mil : Volusiana. C’est l’occasion de découvrir la vie de cette femme et de sa communauté sororale et en même temps une écriture de roman novatrice !

Chienne de Marie-Pier Lafontaine (Le Nouvel Attila) est la lecture que je ne suis pas près d’oublier ! Un livre glaçant, très dur à lire, mais important. Le récit des violences d’un père sadique et incestueux, transformé par la plume de l’autrice en un très beau texte. Quand le recourt à l’autofiction transforme un sujet douloureux en un livre d’une force incroyable !

Les orageuses de Marcia Burnier (Cambourakis) m’a enchanté ! Dans un texte court, très bien construit, l’autrice livre un très bon premier roman sur la question du viol et des réparations. Sept femmes violées confrontent leurs agresseurs pour faire changer la peur de camp. C’est dur et doux, c’est violent et intelligent et ça met la sororité à l’honneur.

Les meilleurs livres de 2020 hors compétition

Non-fiction

Ils sont hors compétition parce que ce ne sont pas des livres de fiction. J’ai beaucoup de mal à parler de non-fiction, mais il fallait quand même que je vous parle de ces livres-là !

  • Danser au bord du monde, Ursula K. Le Guin : des essais inédits en français de mon autrice préférée sur la littérature et l’écriture, sur le féminisme et d’autres questions sociales comme l’écologie et d’autres qui reviennent sur certains de ses textes. Passionnant !
  • Le regard féminin, Une révolution à l’écran, Iris Brey : un livre qui explique les concepts de male gaze et female gaze au cinéma, qui analyse de nombreux films et donne des pistes aux spectateur·ices pour mettre des mots sur leurs ressentis au cinéma. Ça m’a fait énormément réfléchir sur la façon dont je regarde des films et pourquoi ils me touchent ou non. Une très bonne entrée en matière pour comprendre l’un des enjeux du cinéma aujourd’hui.
  • Manières d’être vivant, Baptiste Morizot : un essai philo-politico-poétique sur la place des êtres humains parmi les êtres vivants. Je l’ai trouvé érudit mais clair, et en même temps extrêmement bien écrit. Un livre comme une entrée en matière dans cette réflexion très intéressante sur la relation entre les vivants, qui m’a donné envie de lire tout un tas d’autres ouvrages et qui m’a également donné matière à réfléchir. D’ailleurs, un autre ouvrage de Morizot est sorti à l’automne : Raviver les braises du vivant, Un front commun.

Livres qui sortent en français en janvier 2021

Ceux-ci aussi sont hors compétition, parce qu’ils n’ont pas encore été publiés en français. Je les ai lus en anglais en 2020, et je vous en parle enfin, parce qu’ils sortent à la prochaine rentrée :

  • Un bref instant de splendeur, Ocean Vuong : l’un des plus beaux livres que j’ai lu ces dernières années. Ce livre c’est une écriture magnifique et déchirante. C’est l’impossibilité de dire l’amour. C’est la difficulté d’être qui l’on est (une jeune gay américain) quand on a grandi dans une famille encore prisonnière des souvenirs de la guerre du Vietnam. Un auteur à suivre très attentivement !
  • La traversée, Pajtim Statovci : un livre qui enchante, qui fait réfléchir et qui met mal à l’aise tout à la fois. L’histoire est simple, mais les personnages sont profonds : Bujar et Agim, deux jeunes Albanais, décident de quitter leur pays pour trouver ailleurs une vie meilleure. Que va-t-il se passer pendant la traversée ? Lequel des deux devient le narrateur de ses vies futures dans d’autres pays, d’autres corps ? Une réussite !
  • Dans la maison rêvée, Carmen Maria Machado : après Son corps et autres célébrations que j’avais adoré l’année dernière, l’autrice américaine revient avec des mémoires sur les violences conjugales au sein d’un couple lesbien. Un sujet dont on ne parle pas du tout, très bien mené dans une entreprise littéraire passionnante qui donne encore plus de force à cet écrit.

4 Commentaires

  1. Autist Reading 02 / 12 / 2020

    De cette liste coup de cœur, je n’ai lu aucun roman.
    Deux sont toujours dans ma wishlist : « Un jour ce sera vide » et « Fille, femme, autre ».
    Je saurai où venir piocher des idées si jamais j’étais e panne sèche ces prochaines semaines !

    • Florian 04 / 12 / 2020 — Le Dévorateur

      Ah, quels seraient les tiens parmi les publications de cette année ?

      • Autist Reading 04 / 12 / 2020

        J’ai toujours énormément de mal à faire un Top de l’année. J’ai généralement peu de « vrais » coups de cœur, des bouquins qui me marquent profondément.
        Comme ça, à froid, les deux titres qui me viennent à l’esprit sont « Les Portes de Thèbes » de Mathieu Riboulet et « Histoires de la nuit » de Laurent Mauvignier.
        En regardant plus précisément la liste des livres lus cette année, je crois qu’on pourrait encore en trouver un ou deux, notamment parmi les romans anglo-saxons pas encore traduits

        • Florian 05 / 12 / 2020 — Le Dévorateur

          Je me dis qu’il est temps que je lise Laurent Mauvignier, j’en entends de plus en plus parler !

Laisser un commentaire