Un jour ce sera vide, Hugo Lindenberg

Un jour ce sera vide est le très bon premier roman de l'auteur Hugo Lindenberg. C'est ma première lecture de la rentrée littéraire 2020 et c'est déjà un coup de cœur ! C'est un roman délicat qui nous ramène en enfance, à la pureté de l'amitié de l'enfance. Ce livre, beau et sensible, donne envie de retourner à la plage, et jouer avec Baptiste comme le narrateur pour oublier ses peurs et ses doutes.

POURQUOI LIRE Un jour ce sera vide ?

  • Le livre : c’est le premier roman du journaliste Hugo Lindenberg, et le premier roman de la rentrée littéraire 2020 que je lis !
  • Le décor : la Normandie, l’été, dans les années 1980 (?). C’est surtout une plage, et deux maisons de vacances où se concentre l’histoire.
  • Le genre : c’est un court roman (moins de 200 pages) dans laquelle l’histoire est racontée par micro-chapitres, comme des instantanés de vie.
  • Le style : l’écriture est ciselée et poétique, à certains moments elle se fait très cinématographique. La plume m’a beaucoup touché.

L’HISTOIRE

C’est l’histoire du narrateur, un petit garçon qui passe l’été à la plage avec sa grand-mère et sa tante schizophrène. Il observe les gens autour de lui, les « vraies familles ». Sa famille à lui est différente, et donc lui-même se sent différent. Il évite les autres enfants, jusqu’à ce qu’il rencontre Baptiste, un garçon de son âge, mais lumineux et plein de vie. Ils sont instantanément amis. Mais pour le jeune narrateur, rien n’est si facile et ses peurs, ses hontes, ses souvenirs vont remonter à la surface et le faire douter de tout.

Un roman photosensible

C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour parler de ce livre. Parce qu’il est délicat, sensible. L’écriture est juste, légère, précise, les phrases courtes, les dialogues en retrait. Ce qui compte c’est ce que voit le narrateur, ce qu’il entend, ce qu’il dit et ce qu’il tait. Ce qu’il ressent. Ce qu’il s’imagine. Ce dont il rêve, ce dont il a peur. Nous sommes dans sa tête. Nous sommes imprégné·es de ce qui l’entoure. Nous réagissons aux mêmes stimulations extérieures.

Chaque chapitre est une scène, lumineuse ou sombre, légère ou angoissante, où l’on « voit » les personnages se déplacer et interagir. J’emploie à dessein ce mot, car les descriptions sont très visuelles. Très sensorielles en fait. La lumière, les odeurs, les bruits sont omniprésents. Tout ce qui peut le rassurer (un baiser) ou le trahir (l’odeur de sa tante) est décrit avec beaucoup de précision. Parce que l’enfance, c’est ce moment où tout est important, où chaque détail compte.

« Rien ne m’est plus étranger qu’un garçon de mon âge. À cause sans doute de cette ressemblance supposée. Baptiste par exemple a toujours l’air de faire partie du décor. À tel point qu’à force de plage, sa peau semble faite du même grain que le sable. Les vacances lui vont bien. »

Un jour ce sera vide, Hugo Lindenberg

Les sentiments de l’enfance

Un jour ce sera vide est un magnifique roman sur l’enfance. Sur les sentiments et les sensations de l’enfance. Vus par le narrateur, chaque instant de vie raconté prend une couleur et une saveur particulière. L’admiration, l’envie, la honte, le désir, la peur, la joie : ce sont les émotions exacerbées de l’enfance. Et elles sont impeccablement retranscrites par Hugo Lindenberg.

Parce que ce qui fait la grande force de ce premier roman selon moi, c’est qu’il est écrit du point de vue d’un narrateur de 9 ans, mais pas avec ses mots à lui. Les émotions et les sensations de l’enfance sont là, mais avec les mots et le vocabulaire d’un écrivain. Ça donne une force incroyable au récit. Ce procédé rend Un jour ce sera vide puissant et sensible à la fois. Léger et beau. Mais aussi mélancolique et intense.

« Ça m’épate et je me dis qu’il doit y avoir énormément de paix dans son esprit pour y laisser germer de telles idées. J’imagine son espace mental comme une très grande maison aérée, avec plafonds de trois mètres de hauteur et parquet ciré, un piano à queue et de grandes fenêtres ouvertes sur un jardin luxuriant. Quelque chose de bien plus confortable que le taudis aux persiennes duquel j’observe le monde. »

UN JOUR CE SERA VIDE, HUGO LINDENBERG

CE QUE J’EN AI PENSÉ

J’ai été subjugué par ce premier roman ! J’ai tout de suite été emporté par le récit et je ne l’ai pour ainsi dire pas lâché jusqu’à la fin. Je me suis senti si proche de ce petit garçon qui se sent exclus, qui à cause de sa famille et de son histoire, se sent différent des autres. J’ai aimé la construction du roman, fait de chapitres, tour à tour lumineux ou sombres, des chapitres où il ne se passe quasiment rien, où l’on entend le silence, et d’autres qui grouillent de vie et d’aventures. Et quelle écriture ! Bref, c’est une réussite !

OÙ TROUVER Un jour ce sera vide ?

Le roman d’Hugo Lindenberg est sorti le 20 août chez Christian Bourgois éditeur. J’espère qu’il fera partie de la sélection de la rentrée mise en avant chez votre libraire.

QUE LIRE APRÈS ?

Un jour ce sera vide est le premier livre de la rentrée littéraire 2020 que je lis. Je compte bien lire ensuite :

Un jour ce sera vide, Hugo Lindenberg est un livre qui se passe en France, en Normandie.

2 Commentaires

  1. Autist Reading 21 / 08 / 2020

    Ton paragraphe d’introduction me suffit, je n’en lis pas plus. Je reviendrai lire toute ta chronique plus tard car ce roman est l’un de la (petite) poignée de ceux de cette nouvelle rentrée qui me tentent énormément.

    • Florian 21 / 08 / 2020 — Le Dévorateur

      Il est très bon ! J’espère qu’il te plaira autant qu’à moi. Bonne lecture !

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