Recommandations lectures LGBTQI

En préparant le Juin des Fiertés, dont je vous ai déjà parlé, je me suis rendu compte que peu de personnes semblaient connaître des auteur·es gays ou lesbiennes. Bien souvent, cela voulait dire qu’on ignorait que ces personnalités étaient homosexuel·les ou bisexuel·les. Mais ça démontre aussi que beaucoup d’auteur·es queers sont moins connu·es et moins lu·es.

J’ai donc commencé sur mon compte Instagram (@ledevorateur) à présenter succinctement chaque jour un ou une nouvelle auteure et quelques recommandations de lectures. Cette liste de lectures LGBTQI n’a pas vocation à être exhaustive. Seulement d’aider les personnes que ça intéresse à trouver des écrivain·es queers à lire, et donner des pistes de lectures.

Et comme on les connaît peut-être un peu mieux, mais qu’il n’y en a pas que pour les auteur·es LGBTQI francophones sur ce blog, on trouve aussi des recommandations de lectures lgbt étrangères :

Recommandations de livres et aurteur·es LGBTQI
Quelques lectures LGBTQI issues de ma bibliothèque

Jean Genet

  • Très subjectivement l’un des plus beaux styles de la langue française. Le vulgaire et le sublime. Le camp et le classique.
  • La volonté de choquer (apologie de la trahison, du crime et des criminels). Comme pour démontrer a posteriori qu’il avait raison de se sentir exclu.
  • Une œuvre polymorphe : théâtre, poésie, romans. Entre récits autobiographiques et invention de soi.

Notre-Dame-des-Fleurs

Le premier roman de Jean Genet (écrit en prison) et l’un de mes préférés. Le monde de la nuit avec des personnages hauts en couleur (criminels, prostitué·es, macs) : Notre-Dame, Divine, Mignon les petits pieds, Seck l’Africain…

Un captif amoureux

Le dernier récit de Genet (publié à titre posthume). Des souvenirs et des réflexions auprès des Black Panthers et des fedayin palestiniens.

Le condamné à mort

Poésie (chantée par Étienne Daho et Jeanne Moreau, mais aussi Marc Ogeret). Dédié à l’assassin Maurice Pilorge. Amours entre prisonniers, amour des voyous, sexualité.

Marguerite Yourcenar

  • Une écriture et des thèmes réputés difficiles à lire, mais un style époustouflant et des livres qui font voyager et réfléchir.
  • Née en Belgique, elle fut la première femme a avoir été élue à l’Académie Française.
  • Naturalisée américaine, elle a vécu de nombreuses années dans le Maine avec sa compagne Grace Frick, qui a traduit en anglais nombre de ses livres.

Mémoires d’Hadrien

Le livre le plus connu de Marguerite Yourcenar. Roman qui comme son nom l’indique fait le pendant à l’autobiographie (aujourd’hui perdue) de l’empereur romain Hadrien.

Souvenirs pieux

Le labyrinthe du monde, une autobiographie en 3 tomes. Dans le premier, elle revient sur l’histoire de sa famille sur plusieurs générations, prenant le contre-pied des autobiographies qui commencent avec la naissance de l’auteur·e.

Nouvelles orientales

Mon Yourcenar préféré ! Subjectivement les meilleures nouvelles jamais écrites en français !

Virginie Despentes

  • Elle aurait écrit son premier roman, Baise-moi, en un mois. Elle a eu beaucoup de mal à le faire publier. Circulant surtout dans les milieux underground, ce n’est qu’après qu’Ardisson en parle sur Paris Dernière, que le livre va devenir un phénomène.
  • Elle a fait son coming-out à 35 ans.
  • Féministe et engagée, souvent décriée pour son style d’écriture et les thèmes abordés (drogue, sexe, milieu rock underground, violence…), elle est pourtant élue à l’Académie Goncourt en 2016.

Baise-moi

Son premier roman, qui a aussi été adapté au cinéma. Manu se prostitue. Nadine tourne dans des films porno. Elles se rencontrent après leur premier crime. S’en suit une cavale violente à travers la France.

King Kong Théorie

L’essai féministe qui m’a foutu une sacrée claque, après n’avoir lu que Le deuxième sexe.

Vernon Subutex

La trilogie Vernon Subutex. Sans doute le livre qui a fait connaître Virginie Despentes à un nouveau lectorat (en France et à l’étranger) et qui lui a valu de nombreux prix.

André Gide

  • Même s’il était marié, il ne cachait pas son homosexualité, et de nombreux livres (dont certains autobiographiques) en témoignent.
  • Il voyage beaucoup, notamment en Afrique (Voyage au Congo, Retour du Tchad) et en URSS (Retour de l’URSS).
  • Récompensé du Prix Nobel de littérature en 1947.

Les Faux-monnayeurs

Un roman non linéaire avec des multiples intrigues et des très nombreux personnages. Et l’homosexualité est largement présente. Mon livre préféré de Gide.

Si le grain ne meurt

Récit autobiographie en deux parties : son éducation et son voyage en Algérie.

Corydon

L’essai de Gide pour défendre l’homosexualité et la pédérastie. Pour Gide à l’époque, les deux vont de pair. C’est assez difficile à lire et ce n’est plus du tout d’actualité. Mais c’est intéressant pour comprendre les débats de l’époque (théorie du 3e sexe de Proust vs. conception plus proche de l’homosexualité antique chez Gide).

Virginia Woolf

  • Alors qu’elle était mariée à Leonard Woolf, Virginia va entamer une relation amoureuse et sexuelle avec Vita Sackville-West (auteure elle aussi), qui aurait d’ailleurs inspiré Orlando.
  • Elle est aujourd’hui considérée comme l’un·e des auteur·es modernistes les plus important·es du XXe siècle.
  • De par certains de ses thèmes : vie des femmes, mariage, éducation des femmes, féminisme et littérature, minorités et sexualité, santé mentale… elle continue aujourd’hui d’inspirer beaucoup d’artistes.

Une chambre à soi

Un des essais les plus importants sur la question des femmes en littérature. Et même si on n’est plus en 1929 et que tout n’est plus d’actualité, ça reste une lecture essentielle aujourd’hui.

Mrs Dalloway

Mon premier Woolf en anglais et j’étais très fier. Une journée dans la vie de Clarissa Dalloway. Ou les notions d’interiorité et d’altérité n’ont à mon avis jamais été mieux étudiées dans un roman avant ou après Woolf.

Les vagues

Et Les vagues que j’ai lu en début d’année. Un roman qui est en fait constitué des monologues de six personnages. Une écriture magnifique et encore une fois les notions d’identité et de communauté

Violette Leduc

  • Considérée comme l’une des pionnières de l’autofiction en France, Violette Leduc a beaucoup écrit sur sa vie (son statut de bâtarde, ses amours, sa volonté de ne pas avoir d’enfants…).
  • Amoureuse tour à tour de femmes et d’hommes, elle s’éprend de plusieurs auteur·es, dont Simone de Beauvoir et Maurice Sachs.
  • Lorsqu’elle meurt d’un cancer du sein en 1972, c’est Beauvoir, héritière de ses droits littéraires, qui publient ses autres livres (alors qu’elle avait poussé Leduc à fortement censurer l’un de ses romans).

Thérèse et Isabelle

Je n’ai lu pour l’instant qu’un seul roman de Violette Leduc, et j’avais adoré. C’est le livre qui avait choqué Beauvoir avec tous les passages sexuels entre les deux héroïnes. Elle avait conseillé à Leduc de retrancher cette partie de son livre La Bâtarde.

La Bâtarde

C’est son livre que j’ai le plus envie de lire. Largement autobiographie, La Bâtarde revient sur son statut de fille illégitime, sa relation difficile avec sa mère. C’est avec la version censurée par Beauvoir que Leduc a manqué d’obtenir le Prix Goncourt pour ce livre en 1964.

Ravages

Dans cet autre roman autobiographie qui me tente aussi énormément, Leduc revient sur sa décision de ne jamais être mère (et son avortement dont elle a failli mourir), parce qu’elle-même s’est sentie abandonnée par la sienne.

Michel Foucault

  • Philosophe français, Michel Foucault est la figure phare de ce qu’on appelle outre-Atlantique la French Theory (où la déconstruction des discours a une place majeure en philosophie, sociologie ou littérature).
  • Ses domaines de prédilection sont la folie, la sexualité, les minorités, le système carcéral… bref tous les gens qu’on met à la marge.
  • Il est mort à 57 ans en 1984. L’une des premières victimes du sida en France. Son compagnon Daniel Defert a créé l’association AIDES la même année.

Les mots et les choses

Dans Les mots et les choses, Foucault commence par analyser les signes cachés dans une œuvre d’art comme Les Ménines de Vélasquez. Il développe ensuite la thèse selon laquelle les discours procèdent aussi d’un système caché accessible à qui en a les clefs pour comprendre. Il appelle ces conditions du discours des « épistémés ». Celles-ci changent avec le temps. C’est la base de sa philosophie.

Surveiller et punir

Dans Surveiller et punir, il questionne les prisons. À la suite de ses positionnements politiques, il est amené à s’interroger de plus en plus sur ces lieux. Ce livre se présente comme un essai historique sur le fonctionnement, les forces de contrôle à l’œuvre et l’utilité des prison.

Histoire de la sexualité

Son Histoire de la sexualité, dont le 4e tome a été publié à titre posthume l’année dernière. Le projet de Foucault était de revenir en 6 tomes sur les discours (et non les pratiques elles-mêmes) sur la sexualité, depuis l’Antiquité à nos jours. Pour repenser l’histoire de la sexualité en termes de répression.

Renée Vivien

  • De son vrai nom Pauline Mary Tarn, elle est née à Londres, mais a vécu la plupart de sa courte vie à Paris. Tous ses ouvrages ont été écrits en français.
  • Poétesse surnommée « Sapho 1900 » parce qu’elle a republié et remis à la mode les poèmes de la célèbre grecque. Et parce qu’elle était ouvertement lesbienne.
  • Elle meurt à 32 ans en 1909, d’une maladie pulmonaire, aggravée sans doute par son alcoolisme et son anorexie.

Études et préludes

Je n’ai lu aucun des livres de Renée Vivien, mais j’ai très envie de découvrir ses poèmes parnassiens. Le recueil le plus connu contient Études et préludes, Cendres et poussières et Sapho.

La dame à la louve

Elle a aussi écrit des nouvelles fantastiques et « fin de siècle », republiées dans la collection à 2€ de Folio. Les amours homosexuelles y ont une large part.

L’aimée

Republié récemment par Talents Hauts. Ce roman, aussi publié sous les titres Une femme m’apparut ou Lorély, serait en grande partie autobiographique. Et il m’intrigue beaucoup !

Marcel Proust

  • Né d’un père catholique et d’une mère juive, Proust revendiquait de ne pas avoir à se définir selon une religion. Il fut un Dreyfusard convaincu, et vécut lui-même l’antisémitisme.
  • C’est en 1894, dans un salon parisien qu’il rencontre son premier amant : Reynaldo Hahn, un compositeur avec qui il restera très proche jusqu’à sa mort.
  • Sa première publication en 1896 est un ouvrage mêlant poèmes et nouvelles : Les plaisirs et les jours, dont il essaiera ensuite d’empêcher la réimpression. La critique ne fut pas tendre avec ce livre, et Marcel Proust lui même ira jusqu’au duel avec le critique Jean Lorrain.

À la recherche du temps perdu

Je ne vais parler que de La Recherche, parce que c’est la seule œuvre de Proust que je connaisse… un minimum parce que je ne vais pas vous faire l’affront de mentir : Je n’ai lu que Du côté de chez Swann, il y a très longtemps. Et j’en ai un souvenir confus (mais somme toute agréable). Je m’en souviens bien mieux en tout cas que À l’ombre des jeunes filles en fleurs que je crois bien n’avoir jamais terminé.

Colette

  • Même si elle a été mariée trois fois, Colette a également eu un nombre d’aventures extra conjugales, autant avec des hommes qu’avec des femmes.
  • Ses premiers romans sont publiés sous le nom de Willy (surnom de son premier mari). Après son divorce d’avec celui-ci, elle signera Colette.
  • La sexualité, la découverte de la sensualité pendant l’adolescence et la bisexualité sont très présentes dans son œuvre (largement autobiographique).

Le Blé en herbe

C’est le seul Colette que j’ai lu pour l’instant et qui m’avait beaucoup plu. Bretagne, amours adolescentes, passion pour une femme plus âgée.

Claudine

Les Claudine sont les romans peut-être les plus célèbres de Colette. On y suit Claudine : jeunesse, exploration de Paris, mariage, bisexualité…

Le Pur et l’impur

Il y a tant de Colette que je veux lire, mais c’est celui-là qui me fait le plus envie. Parce qu’il est difficile de se faire une idée du contenu. Estampillé tour à tour essai ou roman, le livre regorgerait de souvenirs, d’anecdotes, de portraits… le tout pour célébrer les amours féminines.

Oscar Wilde

  • C’est au Trinity College de Dublin, puis pendant sa scolarité à Oxford que Wilde, non seulement se crée cette image d’esthète — d’abord décadent, puis dandy—, mais qu’il se passionne aussi pour l’hellénisme et les idées esthétiques.
  • Alors qu’il est aujourd’hui considéré comme l’un des auteurs homosexuels les plus connus, on oublie souvent qu’il a été marié à Constance Lloyd, avec qui il a eu deux enfants, pour faire taire les rumeurs sur son homosexualité.
  • On connaît beaucoup mieux le scandale de Queensberry : le marquis de Queensberry demande à Wilde de laisser son fils. Il lui laisse une carte de visite, le qualifiant de « somdomite » (sic). Wilde lui attente un procès pour diffamation, qu’il perd. Après 3 autres procès, il se verra condamné aux travaux forcés pendant deux ans à cause de son homosexualité. Malade et faible, il mourra 3 ans après à Paris.

Le portrait de Dorian Gray

Je n’ai lu que Le Portrait de Dorian Gray (j’étais bien trop jeune) et je n’avais pas été emballé (ne me huez pas).

L’importance d’être Constant

Mais Oscar Wilde nous a laissé de nombreux autres écrits, dont des pièces de théâtre, que j’ai très envie de découvrir. À commencer par la plus connue : De l’importance d’être Constant.

De Profundis – La ballade de la geôle de Reading

J’ai aussi envie de lire les derniers écrits d’Oscar Wilde (souvent publiés ensemble en français). Une lettre envoyée de prison à son ancien amant. Et un long poème écrit pendant ses dernières années en France.

Vita Sackville-West

  • Poétesse, romancière et journaliste anglaise, Vita Sackville-West a aussi aménagé un parc célèbre à Sissinghurst dans le Kent. Elle en parle dans son livre Journal de mon jardin.
  • Elle aurait inspiré le personnage androgyne d’Orlando à Virginia Woolf.
  • Bisexuelle, dans un « mariage ouvert » avec Harold Nicholson (également bisexuel), elle a eu des relations avec Virginia Woolf et l’auteure Violet Trefusis.

Family history

Je n’ai lu aucun des livres de Vita Sackville-West, mais avec le #JuinDesFiertés je commence à voir pas mal de ses livres circuler sur instagram, dont Family history. Les personnages de Viola et Leonard dans ce livre auraient été inspirés par Virginia et Leonard Woolf.

All passion spent

All passion spent est apparemment le livre le plus connu de Vita Sackville-West. C’est l’histoire de Lady Slane, une femme qui reprend le contrôle de sa propre vie après la mort de son mari.

The Edwardians

Et celui qui me fait le plus envie : The Edwardians. Un roman d’apprentissage qui critique l’aristocratie de l’époque edwardienne.

Pier Paolo Pasolini

  • Même s’il est né à Bologne, Pier Paolo Pasolini a passé toute son enfance dans le Frioul. Il était très attaché au frioulan et ses premiers textes sont écrits dans cette langue.
  • Aujourd’hui surtout connu pour son œuvre cinématographique, il était d’abord écrivain, et c’est par l’écriture de scenarii et de dialogues qu’il est venu au cinéma.
  • De nombreuses polémiques naissent de ses écrits et de ses films (insulte à la religion, homosexualité et prostitution masculine…) et de ses actes (homosexualité et relations avec des mineurs, qui lui vaudront une exclusion du Parti Communiste Italien par exemple) et le mystère entoure encore aujourd’hui sa mort : a-t-il été assassiné par un jeune prostitué ou est-ce lié à la mafia et à son dernier livre ?

Les ragazzi

Le premier roman de Pasolini et le seul que j’ai lu. Ça m’avait plu, mais sans plus. Rome dans l’après-guerre. On suit un groupe d’adolescents qui vivent comme ils peuvent, hors de la société. C’est très intéressant mais j’avais eu beaucoup de mal avec le style (sans doute parce que le livre est écrit en dialecte romain, et je pense que la traduction n’était pas si bonne que ça).

Pétrole

Le livre de Pasolini que j’ai le plus envie de lire : son dernier roman. Inachevé et paru à titre posthume. Des théories suggèrent que la mort de l’auteur est liée à ce livre, dans lequel il dénonce des assassinats dans le milieu du pétrole italien. Les chapitres clés pour soutenir cette thèse sont encore manquants aujourd’hui (ont-ils même été écrits ?)

Les cendres de Gramsci

Pasolini est aussi célèbre pour ses poèmes. Comme Les cendres de Gramsci que j’espère être capable de lire en italien bientôt. Le titre du poème qui donne son nom au recueil est dédié à Antonio Gramsci, l’antifasciste italien qui est enterré dans le cimetière acatholique de Rome, où Pasolini a imaginé le poème.

Monique Wittig

  • Monique Wittig est l’une des fondatrices du MLF (Mouvement de libération des femmes) et en cosigne le texte fondateur.
  • En 1971, les lesbiennes du MLF et du FHAR (Front homosexuel d’action révolutionnaire) décident de créer l’un des premiers groupes lesbiens en France : Les Gouines rouges. Wittig en est, évidemment.
  • Elle quitte Paris pour les États-Unis en 1976, où elle enseignera dans les départements des Gender & Women Studies, notamment à Berkely et Tucson.

Les Guérillères

Dans Les Guérillères, Monique Wittig décrit « les rites et légendes d’une communauté entièrement composée de femmes ». Moi quand je lis ça, j’appelle tout de suite mon libraire.

Le corps lesbien

Le corps lesbien est un « livre inclassable ». Ce n’est pas un roman, il n’y a pas à proprement parler de personnages ni d’intrigue, mais ce n’est pas un essai non plus. Ce récit sans genre traite de l’amour et de la sexualité.

La pensée straight

C’est le seul de Wittig que j’ai lu au moins en partie (c’est un recueil d’articles). Questionnements évidemment sur l’hétérosexualité, sur le privé et le public, et la nécessité de dépasser la « pensée straight » qui régit nos vies.

Michel Tremblay

  • Considéré comme l’un des écrivains québécois les plus importants, Michel Tremblay a écrit une trentaine de romans, plus de 25 pièces de théâtre, des scenarii pour le cinéma, des récits autobiographiques, etc…
  • Il fut l’un des premiers, dans ses pièces et ses romans, à écrire en joual (le français québécois de la région de Montréal) à une époque où le français écrit classique, académique et bourgeois était de mise en littérature.
  • Les thèmes les plus récurrents dans son œuvre sont l’homosexualité, les femmes des classes populaires, la dénonciation de l’église catholique, etc…

La nuit des princes charmants

Le seul livre de Michel Tremblay que j’ai lu pour l’instant (et que j’avais beaucoup aimé). Issu de la série du Gai Savoir, on y suit un jeune narrateur qui se rend à l’opéra, avant de déambuler dans Montréal avec le but de perdre sa virginité.

La grosse femme d’à côté est enceinte

L’une des séries les plus célèbres de Michel Tremblay, ce sont Les chroniques du Plateau de Mont-Royal, et j’ai très envie de lire le premier tome. En 1942, on suit la journée de cette grosse femme, fervente lectrice, et de la famille qui l’entoure.

Les belles-sœurs

C’est la pièce la plus connue de Michel Tremblay. Une comédie en 2 actes avec 15 personnages féminins. Milieu populaire, jalousie, rancunes, amitiés qui volent en éclat. Et tout ça pour des timbres GoldStar (comme des points, des coupons qui permettent de se procurer les produits vendus par la compagnie).

Abdellah Taïa

  • Né à Salé au Maroc, Abdellah Taïa vit maintenant à Paris. Il est écrivain et réalisateur.
  • J’ai d’abord entendu parler de lui en 2007 lors de son coming out dans le magazine marocain TelQuel, ce qui avait fait du bruit puisque l’homosexualité est illégale au Maroc.
  • Depuis il est régulièrement invité au Maroc en tant qu’écrivain homosexuel. Ses livres ne sont pas censurés. La loi existe toujours, mais le débat semble possible. Les choses changeraient-elles lentement ?

Une mélancolie arabe

Je viens de lire mon premier livre d’Abdellah Taïa. Malheureusement c’était une déception (à cause du style et de la narration), mais son parcours et ses histoires m’intéressent.

Celui qui est digne d’être aimé

Après des discussions sur instagram, je pense quand même rééssayer avec Celui qui est digne d’être aimé. Un roman épistolaire dans lequel le narrateur, un Marocain de 40 ans vivant à Paris écrit à sa mère morte pour lui parler de son homosexualité. Et rompt avec l’homme qu’il a aimé.

L’armée du salut

Mais surtout j’ai envie de voir son film L’armée du salut. Inspiré de son propre roman du même nom, il raconte l’adolescence d’un jeune gay de Casablanca, et son admiration trouble pour son frère aîné.

PAtricia Highsmith

  • Connue principalement pour ses thrillers et ses romans policiers (beaucoup ont été adaptés à l’écran), Patricia Highsmith a aussi écrit en 1952 Carol, sous un pseudonyme, qui dépeint une relation lesbienne qui se termine bien.
  • Patricia Highsmith a eu des relations amoureuses avec des hommes et des femmes, mais préférait vivre seule pour se consacrer à son écriture.
  • Née au Texas, elle a déménagé en Europe (d’abord en Angleterre, puis en France et en Suisse), où ses romans étaient plus appréciés qu’aux États-Unis.

L’homme du Nord-Express

Le premier roman de Patricia Highsmith, qui fut un succès. Adapté plusieurs fois à l’écran, dont un film réalisé par Alfred Hitchcock. Alors qu’il s’apprête à se séparer de son épouse, Gary Haines rencontre un homme dans un train qui lui propose de tuer sa femme. En échange Haynes doit tuer le père de celui-ci. Il ne le prend pas au sérieux, mais sa femme sera pourtant tuée peu de temps après…

Le talentueux Monsieur Ripley

Patricia Highsmith a écrit 5 romans qui suivent le même personnage : Monsieur Ripley. Dans le premier tome, le héros qui cherche à tout prix l’argent et le succès, est envoyé en Sicile par le père d’un certain Dick, pour le ramener aux États-Unis. Ripley compte bien profiter de ce plan pour suivre ses propres intérêts. J’ai vu le film récemment que j’ai adoré et qui m’a donné envie de lire tous les livres de la série !

Carol

Aussi connu sous le titre Les eaux dérobées (avant l’adaptation de Todd Haynes). Deuxième roman de l’auteure, et pas un roman policier cette fois. Le livre aura beaucoup de succès, notamment auprès du lectorat lesbien. Beaucoup lui ont d’ailleurs écrit pour la remercier : pour une fois, une histoire d’amour entre deux femmes qui ne finissait pas horriblement mal !

Adrienne Rich

  • Je dois avouer que je connais cette poétesse et essayiste américaine seulement grâce à Mona Chollet qui la cite dans Sorcières.
  • Elle fut mariée à un professeur, elle a elle-même enseigné à l’université Columbia. Le couple se sépare suite à l’engagement politique d’Adrienne Rich (notamment pour les droits civiques, le pacifisme, le féminisme).
  • En 1971, elle se rend compte qu’elle est bisexuelle. Avec sa nouvelle compagne Michelle Cliff (auteure et poétesse), elle fonde la revue lesbienne Sinister Wisdom.

Diving into the Wreck – The Dream of a common Language

Ce sont les deux recueils de poèmes d’Adrienne Rich les plus célèbres (je n’ai pas trouvé de traductions en français en ligne). Ça a l’air passionnant (les critiques sur les sites anglo-saxons sont dithyrambiques). Poèmes où se trouvent mêlés lesbianisme et politique, avec les idées féministes de l’auteure et des considérations politiques et sociales. Il faut que je lise ça !

Of Woman Born

Un essai important dans l’histoire du féminisme américain. L’expérience d’Adrienne Rich en tant que femme, que poétesse, que féministe, que mère. Elle mêle son expérience personnelle à l’histoire, à la littérature, et aux réflexions sur les institutions qui définissent les rôles et du corps des femmes.

Compulsory Heterosexuality and Lesbian Existence

C’est le seul écrit d’Adrienne Rich pour lequel j’ai pu trouver en ligne une traduction en français : La contrainte à l’hétérosexualité. Essai important dans l’histoire du lesbianisme et du féminisme (Adrienne Rich lie beaucoup les deux), mais qui interroge en fait la sexualité de toutes les femmes, sexualité bridée par le patriarcat. De ce que j’ai pu en lire en ligne, peut-être un peu daté dans ses exemples et certaines conclusions tirées ?

Édouard Louis

  • Il a changé de nom pendant ses études, passant d’Eddy Bellegueule à Édouard Louis, entérinant ainsi son statut de transfuge de classe.
  • Chacun de ses livres a fait beaucoup parler de lui. Tout le monde ou presque a un avis : trop politisé, pas assez, la façon dont il dépeint sa famille et son milieu d’origine font polémique, la façon dont il raconte le viol qu’il a vécu et parle de son agresseur fait polémique, le côté pamphlet de son dernier roman fait débat…
  • Il intervient régulièrement dans le débat politique avec Geoffroy de Lagasnerie, tous deux partisans d’un retour de la figure des intellectuel·les de gauche dans le débat public.

En finir avec Eddy Bellegueule

Le premier roman d’Édouard Louis, que j’ai dû lire une deuxième fois pour vraiment apprécier ma lecture. Il revient sur son enfance dans une famille prolétaire du Nord. C’est dur, c’est violent. J’avais fait un rejet à la première lecture ; rappelant trop de souvenirs sans doute. Et je me demandais : pourquoi parler de ses parents ainsi ? Et après, en repensant à Mes parents d’Hervé Guibert : et pourquoi pas ? Seules les éloges seraient acceptables ?

Histoire de la violence

Dans son deuxième roman, il revient sur le viol qu’il a subi et tente de comprendre les causes de la violence chez son agresseur. C’est là aussi très fort (de par le sujet évidemment), mais aussi par les procédés littéraires mis en place (discours rapportés de la sœur Clara par exemple).

Qui a tué mon père

Et son dernier roman qui est sorti en 2018. L’auteur revient sur la figure de son père, avec un regard très différent posé sur lui par rapport à son premier roman. C’est beau, poignant et bouleversant. Édouard Louis nous rappelle que les décisions politiques ont un impact sur la vie et le corps des gens.

Alan Hollinghurst

  • Cet auteur britannique a écrit des romans, des poèmes, des nouvelles. Il a aussi retraduit en anglais les pièces Bajazet et Bérénice de Racine.
  • Il est gay, mais vit seul. Il a déclaré être très difficile à vivre et n’arrive pas à concilier écriture et vie sociale.
  • Même s’il n’aime pas l’étiquette trop réductrice à ses yeux d’auteur gay, il est l’un des auteurs homosexuels contemporains les plus lus, et beaucoup de ses livres traitent d’amours masculines.

La ligne de beauté

C’est le premier roman d’Alan Hollinghurst que je lis. On suit Nick, un jeune gay à Londres en 1983, vivant entre deux monde : l’aristocratie conservatrice qui rêve d’avoir Thatcher à dîner, et son amant noir qui vient d’un milieu populaire.

La piscine-bibliothèque

J’ai aussi dans ma PAL The Swimming-Pool Library, qui est son premier roman. C’est l’histoire de Will, un jeune gay aristocrate et de ses rencontres, notamment avec des vieux lords. Presque tous les personnages sont gays, beaucoup de sexe et l’histoire/les personnages rappellent The Line of Beauty. Autant dire que ça m’intrigue !

L’affaire Sparsholt

Il s’agit de son dernier roman. On compare la vision de l’homosexualité en Angleterre entre deux périodes. En suivant David Sparsholt, gay et qui ira à Oxford pendant la 2nde guerre mondiale, et son fils, Johnny, qui est à Londres alors que l’homosexualité est décriminalisée.

Philippe Besson

  • Écrivain français (mais aussi critique littéraire et journaliste), il participe aussi à l’écriture de scénarios de films (réalisés par Josée Dayan).
  • Il a aussi traduit en français le magnifique recueil de poèmes Le corps des hommes (et c’est comme ça que j’ai découvert Besson).
  • En 2018 il était aussi prévu de le nommer consul général à Los Angeles. En mars 2019, cette volonté de l’Elysée a été annulée par le Conseil d’État.

En l’absence des hommes

Je n’ai lu pour l’instant que son premier roman. Et j’avais aimé même si ça avait été dur au début de rentrer dans ce style que je trouvais trop plat. Mais l’histoire a pris le dessus de mes appréhensions : À l’été 1916, le narrateur retrouve son amant (qui était au front). En même temps, il se lie d’amitié avec Marcel Proust.

« Arrête avec tes mensonges »

J’ai bien envie de relire Philippe Besson, avec celui-ci (premier tome d’une trilogie). Les souvenirs ressurgissent quand le narrateur croit reconnaître un homme avec qui il a eu une relation amoureuse dans sa jeunesse.

Le corps des hommes

C’est le magnifique recueil de poèmes d’Andrew McMillan traduit par Philippe Besson. Édité en version bilingue, on peut profiter en même temps des poèmes en anglais de McMillan et de la traduction en français de Philippe Besson.

Arthur Dreyfus

  • Comme Jean-Baptiste Del Amo, Arthur Dreyfus a été lauréat du Prix du Jeune écrivain de langue frnaçaise.
  • Avant d’être écrivain, il voulait être comédien. Il est revenu au cinéma, par la réalisation, avec à son actif des courts métrages et un documentaire.
  • Il est également journaliste dans la presse écrite, à la radio ou à la télé (il a fait partie de l’équipe de l’émission cinéma Le Cercle sur Canal+ avec Augustin Trapenard).

Histoire de ma sexualité

J’ai d’abord lu Histoire de ma sexualité que j’avais aimé. Il s’agit de notes, comme des entrées dans un journal, qui concernent le sexe, les souvenirs, les fantasmes, notre rapport aux corps des autres et au nôtre.

Belle famille

Puis j’avais lu Belle Famille qui m’avait beaucoup ennuyé. Je ne me souviens d’ailleurs plus de grand chose, si ce n’est que l’histoire est inspirée d’un fait divers : la disparition de Madeleine McCann au Portugal en 2007.

La synthèse du camphre

Malgré tout, je retenterai bien ma chance avec La synthèse du camphre (rien que pour le titre !). Deux histoires sont menées de front : celle de Félix, chimiste pendant l’Occupation. Et Ernest, qui fait une rencontre qui va changer sa vie sur internet.

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