Terremer, Ursula K. Le Guin

Le sorcier de Terremer, Les tombeaux d'Atuan et L'ultime rivage constituent les trois premiers roman du cycle de Terremer d'Ursula K. Le Guin. Cette série, considérée comme un classique de la fantasy, fait partie des nombreux livres de l'auteure américaine, spécialisée dans les littératures de l'imaginaire. Ces trois livres sont très beaux, le style est superbe et les personnages vous entraîneront dans ces aventures pleines de magie et ces voyages dans le monde de Terremer.

POURQUOI LIRE Terremer ?

  • Le livre : ce sont en fait trois romans qui composent la trilogie initiale du cycle de Terremer (à laquelle seront plus tard ajoutés d’autres livres).
  • Le  décor : le monde de Terremer avec ses nombreuses îles, ses mers, ses paysages différents et les habitants de chaque archipel.
  • Le genre : c’est de la fantasy, avec ses sorciers et ses dragons, mais ce qui fait tout l’intérêt des livres de Le Guin, c’est l’écriture, et le soin apporté aux personnages.
  • Le style : ça se lit très rapidement, même si les dialogues sont peu nombreux. L’écriture de Le Guin laisse beaucoup de place aux descriptions, qui sont très belles.

L’HISTOIRE

C’est l’histoire du monde de Terremer, et des dangers qu’il encoure. Le monde est vaste, constitué de plusieurs mers et de nombreuses îles. Sur chaque île ou presque vit un peuple, avec ses traditions, son artisanat, sa langue parfois. Dans ces trois premiers tomes du cycle, on suit le personnage de Ged, tout d’abord dans son apprentissage de la magie, puis dans ses aventures.

Le Sorcier de Terremer

Le sorcier de Terremer est le premier tome du cycle. On suit le jeune Ged, à qui on découvre des dons pour la magie. Il sera envoyé à l’école de Roke, pour parfaire son éducation. La magie, dans Terremer, est contenue dans le vrai nom des choses. Il devra les apprendre, mais surtout apprendre à utiliser sa magie en respectant les règles de l’équilibre.

Ce premier tome ressemble à beaucoup de livres de fantasy par son histoire (celle d’un adolescent qui a des pouvoirs magiques et ira dans une école pour les développer). C’est sans doute parce que le cycle de Terremer a inspiré nombre d’auteur·es après Ursula K. Le Guin.

Mais ce qui fait la différence dans l’œuvre de Le Guin, c’est le style. Les pouvoirs magiques sont contenus dans les mots. Alors les mots, dans Terremer sont très importants. La forme rejoint l’histoire. Et c’est une écriture magnifique que donne à lire Le Guin dans cette trilogie.

« When he found that the wild falcons stooped down to him from the wind when he summoned them by name, lighting with a thunder of wings on his wrist like the hunting-birds of a prince, then he hungered to know more such names and came to his aunt begging to learn the name of the sparrowhawk and the osprey and the eagle. To earn the words of power he did all the witch asked of him and learned of her all she taught, though not all of it was pleasant to do or know. There is a saying on Gont, Weak as woman’s magic, and there is another saying, Wicked as woman’s magic. »

Le sorcier de Terremer, Ursula K. Le Guin

Les tombeaux d’Atuan

Si c’est possible, le second tome du cycle de Terremer m’a plu encore plus que le premier. C’est sans doute dû à ses personnages, qui deviennent de plus en plus intéressants : torturés, perdus, pleins de questions, de secrets.

L’histoire commence a priori sans suivre la trame du premier tome. On suit un nouveau personnage, Ténar, une adolescente qui est devenue la Gardienne des tombeaux d’Atuan. Et ce personnage est sans doute mon préféré de toute la trilogie. Très intelligente, méfiante, acceptant le rôle qui lui est incombé, mais souhaitant le faire à sa manière, Ténar est un personnage féminin très intéressant. Fait assez rare en littérature de l’imaginaire pour être souligné.

Ce n’est qu’à la moitié du roman peut-être que Ged apparaît, et que l’histoire s’inscrit dans la trame du cycle.

« And Tenar listened to the sea, a few yards below the cave mouth, crashing and sucking and booming on the rocks, and the thunder of it down the beach eastwards for miles. Over and over and over it made the same sounds, yet never quite the same. It never rested. On all the shores of all the lands in all the world, it heaved itself in these unresting waves, and never ceased, and never was still. The desert, the mountains: they stood still. They did not cry out forever in a great, dull voice. The sea spoke forever, but its language was foreign to her. She did not understand. »

Les tombes d’Atuan, Ursula K. Le Guin

L’ultime rivage

L’ultime rivage devait être l’ultime roman de la trilogie initiale. Ce n’est que 17 ans plus tard qu’Ursula K. Le Guin écrira une suite. On retrouve Ged, plus âgé, accompagné d’un jeune adolescent, prince de l’île d’Enlade. La magie semble disparaître de Terremer, pourront-ils ensemble arrêter ce qui crée ce bouleversement ?

Le personnage de Ged a vieilli, il est plus sage, et plus silencieux que jamais. Le jeune Arren est plein de questions. Ce duo a une dynamique très intéressante dans ce roman. J’ai beaucoup aimé leurs interactions, mais surtout les secrets qu’ils gardent l’un envers l’autre. Une très belle façon d’écrire sur l’impétuosité de la jeunesse, sur tout ce qui se passe dans la tête des personnages, et comment ça influe sur leurs actions.

Et puis on retrouve les dragons et la mer, le bateau de Ged, déjà présents dans le premier tome. Et c’est une très belle (première fin) de l’histoire de Terremer.

CE QUE J’EN AI PENSÉ

J’ai tout simplement adoré cette trilogie ! Et je n’ai qu’une hâte, trouver les autres livres (entre les nouvelles écrites avant, celles écrites après, les contes de Terremer et les romans suivants), je veux tout lire !

Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de fantasy (après en avoir beaucoup lu, plus jeune), parce que j’avais peur d’être trop vieux pour ça maintenant. De ne pas pouvoir rentrer dedans avec le même bonheur qu’avant. C’était sans compter sur l’écriture magnifique de Le Guin, avec des phrases poétiques, qui coulent, nous bercent, nous emmènent toujours plus loin.

Contrairement à beaucoup de livres de fantasy (notamment écrits pour les plus jeunes), les personnages de Le Guin ne sont jamais agaçants. Ils ont des ambitions, des problèmes, ils se posent des questions. Ils font réfléchir le lecteur ou la lectrice. C’est un véritable plaisir de voir des personnages aussi bien écrits en littérature de l’imaginaire.

Où trouver Les livres de Terremer ?

Vous trouverez aussi en français une édition avec les trois premiers tomes du cycle de Terremer chez le Livre de poche. Plus récemment, dans la même édition, a été réédité le cycle entier de Terremer que vous trouverez sans doute chez tout bon libraire.

QUE LIRE APRÈS ?

Il faut maintenant absolument que je lise Tehanu, le livre qui constitue le quatrième roman du cycle de Terremer. J’ai aussi envie de lire les Contes de Terremer.

Si vous ne connaissez pas l’œuvre d’Ursula K. Le Guin, je vous conseille également de lire La main gauche de la nuit, un récit de science-fiction qui m’a beaucoup plu.

J’ai aussi très envie de lire son roman Les dépossédés, qui fait partie du même cycle de l’Ekumen.

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